научная статья по теме JULES VERNE, ROMANCIER SANS FRONTIèRES Языкознание

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À l'occasion du centenaire de la disparition de Jules Verne

JULES VERNE, ROMANCIER SANS FRONTIÈRES

Il est d'abord un ingénieur, poète naviguant sur les océans, survolant les continents, cravachant toute sa vie pour emplir les rêves de ses lecteurs et, parfois, leur faire partager les siens.

Gilles Heuré

Jules Gabriel Verne voit le jour le 8 février 1828, à Nantes, au cœur d'une île Feydeau, construit par des armateurs de Saint-Domingue. Dans les années 1830, Nantes était l'un des ports les plus importants de France. Un mouvement maritime considérable y régnait et le monde entier était déchargé sur les quais avec le café, le cacao, le thé, le sucre ou le tabac...

Son père, Pierre Verne, à demi-Parisien, exerce la charge d'avoué ; à ses heures, il taquine la muse. Sa mère, Sophie-Henriette Allotte de la Fuye, tout à fait bretonne, est d'une famille nantaise d'armateurs et de navigateurs. De cette union naissent cinq enfants: Jules, Paul, Anna, Mathilde et Marie.

L'île Feydeau où se trouve la maison natale de Jules, est vraiment une île, enserrée entre deux bras de la Loire. L'immeuble du 2, quai Jean-Bart, où il passe ses premières quatorze années, domine le confluent de la Loire et de l'Erdre. Ses vacances, il les passe au bord de la Loire chez un vieil oncle, ancien armateur, et dans la maison de campagne de ses parents, à Chantenay-sur-Loire. Il observe les bateaux au télescope, et, juché sur la cime des arbres faisant office de mâture, contemple les navires larguant leurs focs et bordant leurs brigantines. Plus tard, dans Souvenirs d'enfance et de jeunesse il écrira: «Mon plus grand désir eût été de franchir la planche tremblotante qui rattachait les navires au quai pour mettre le pied sur le pont.»

Страноведение

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À neuf ans, il fréquente le pensionnat Saint-Stanislas jusqu'à la cinquième. Il est un bon élève dans les disciplines littéraires, notamment la géographie. Le gamin lit beaucoup : Fenimore Cooper, Hoffmann, Defoe, Dickens, Sterne, Walter Scott, Balzac, Stendhal dont il relira La Chartreuse de Parme vingt fois. En 1884 il dira: «Comme ce livre me prend toujours! Et qu'il est supérieur à tout ce qu'on fait maintenant.»

Dans la famille Verne, on pratique volontiers la poésie de circonstance: naissances et mariages sont l'occasion de célébrer en vers les joies de l'amour et de la famille. Adolescent, Jules commence à remplir les deux cahiers qui l'accompagneront toute sa vie. Poésies lyriques ou satiriques, émois amoureux ou rimes de chansonnier, les genres les plus divers, s'y côtoient. Ces chansons, réunies en recueil, paraissent en 1857, sous le titre Rimes et mélodies.

Le besoin de naviguer dévorait Jules. À l'âge de 11 ans, il quitte sa famille en cachette pour partir comme mousse à bord d'un long-courrier, Le Coralie, pour Indes. On le trouve dans un petit port à l'estuaire de la Loire. Il promet à ses parents de ne jamais quitter sa maison, « de ne voyager plus qu'en rêve », mais ne tient pas sa promesse. Lorsque la famille partait dans la campagne nantaise, Jules et Paul jouaient aux Robinsons, pratiquaient la navigation à voile à bord de petites yoles. À l'âge de 12 ans, les deux frères découvrent l'océan, à l'embouchure de la Loire, à Saint-Nazaire.

En 1840, Jules entre ! avec son frère Paul, plus jeune que lui de soixante mois, mais avec qui il était inséparable, comme pensionnaires au petit séminaire de Saint-Donatien. Puis, après le collège royal de Nantes de 1844 à 1846, Jules et Paul obtiennent leur baccalauréat à Rennes le 29 juillet 1846. Paul entre à l'École Maritime et Jules va à Paris pour y faire ses études de droit. Il loue un

appartement qu'il partage avec un autre étudiant nantais et pénètre timidement dans les salons mondains grâce aux bons soins de son oncle. Juriste par obligation, il est dramaturge dans l'âme. Il étudie des manuels de droit, mais il dérive avec bonheur vers les œuvres de Dumas, Vigny, Molière, Musset et Shakespeare et, surtout, de grand Victor Hugo, sous l'influence duquel il écrit des poèmes, des pièces de théâtre et même un roman Un prêtre en 1839, laissé inachevé. Hugo dont il connaît par cœur des pages entières restera toute sa carrière durant un maître pour Jules Verne. Il fait la connaissance des Dumas père et fils et devient l'ami de ce dernier. Plus tard, il écrira: «Nous sommes devenus amis presque tout de suite. Il a été le premier à m'encourager. Je peux dire que c'était mon premier protecteur. Tant que je vivrai, je n'oublierai jamais sa gentillesse envers moi, ni la dette que j'ai envers lui.» Le 2 juin 1850 au Théâtre-Historique par les soins de Dumas père est représenté Les Pailles rompues, petite pièce légère dans l'air du temps avec femme, mari et servante, qui a reçu un accueil fort honorable. La rencontre avec Dumas a déterminé son avenir.

Il décide de faire pour la géographie ce que Dumas a fait pour l'histoire. Il a l'intention de décrire toute la planète - la nature des endroits différents, le monde des animaux et des plantes, les mœurs et les coutumes de tous les peuples.

Le père, qui tient les cordons de la bourse, tire la sonnette d'alarme : la carrière d'avoué requiert considération et motivation et l'étude paternelle lui tend les bras. Mais le fils regimbe: «Quand on est clerc, on est clerc et pas autre chose.» Et c'est l'autre chose qui l'intéresse, l'écriture, à laquelle il se consacre avec acharnement dans sa chambrette, au point d'être bientôt atteint de paralysie du nerf facial.

La rencontre avec Jacques Arago, grand voyageur, explorateur souffrant de cécité,

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dévoreur de savoirs et de connaissances, confirme Jules Verne dans la voie qu'il veut suivre - écrire. En 1851 paraissent deux longs récits où se trouvent déjà esquissés les thèmes des Voyages extraordinaires: Les Premiers Navires de la marine mexicaine et Un voyage en ballon qui seront suivis en 1854 par un roman historique, Martin Paz, et en 1855 par Un hivernage dans les glaces.

Le Théâtre-Historique devient Théâtre-Lyrique, et Jules est promu secrétaire général de son directeur Edouard Seveste, grâce aux bons soins de Dumas. Il n'a pas de salaire, mais il a la promesse de voir ses pièces jouées et la joie de rencontrer chaque jour des auteurs et des compositeurs illustres -Scribe, Adolphe Adam, Auber, Clapisson. Avec son colocataire, ami et musicien nantais, Aristide Hignard, il compose un duo d'artistes en herbe qui rêve d'opérettes. Jules est à la plume et Aristide au clavier. Ils composent Le Colin-Maillard (1853), Les Compagnons de la Marjolaine (1855), aimables marivaudages où Jules s'exerce aux livrets et aux comédies légères. Parallèlement à sa carrière de librettiste et de dramaturge, il fait ses premiers pas de nouvelliste.

C'est vers cette époque que Verne se met à étudier, pendant les rares heures de loisir que lui laissent ses fonctions de secrétaire au Théâtre-Lyrique, la géographie, la physique, les mathématiques. De nombreuses visites à la Bibliothèque Nationale lui permettent d'acquérir un vocabulaire scientifique et technique à la hauteur de la tâche qu'il se fixe : éveiller par ses œuvres l'intérêt du public pour le mouvement scientifique et les travaux du monde savant. Dans le même temps, la lecture des œuvres de Poe lui montre toutes les ressources du fantastique dans l'art littéraire, comme en témoigne le roman Maître Zacharius ou l'horloger qui a perdu son âme, publié en 1854 par Le Musée des familles, dirigé par son compatriote Pitre-Chevalier.

En écrivant sur le mariage lui-même, il y songe souvent ainsi que sa mère à qui il écrit : « Munis-toi de tout ce qu'il faut pour me présenter comme un garçon très conjugal, parfaitement assaisonné et cuit à point. »

En 1856, Jules vient à Amiens pour le mariage d'un ami. Il tombe amoureux de la sœur de la mariée, jeune femme de vingt-six ans, fraîche et bien vivante, Honorine Morel,

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veuve de Fraysne Devianne, mère de deux petites filles, Valentine et Suzanne. Le mariage a lieu à Paris dans l'église de Saint-Etienne en janvier 1857. Pour s'assurer une source régulière de revenus, Jules prend une part dans une charge d'agent de change. Mais il continue à écrire des pièces de théâtre, étudie les sciences et la géographie. Pour se changer les idées et se reposer des crises de paralysie faciale qui le reprennent, il part en 1859 avec son ami Hignard pour l'Angleterre et l'Ecosse, prenant des notes sur tout, paysages, silhouettes, industries. Deux ans plus tard, en 1861, il reprend le bateau pour se rendre en Norvège et en Scandinavie durant six semaines, au cours desquelles il prend encore des notes.

Le 3 août 1861 naît Michel, son fils unique. L'année suivante, le jeune Jules Verne naît aussi une seconde fois quand il rencontre Pierre-Jules Hetzel, éditeur de son état, et déjà de renom, républicain de conviction, de retour à Paris après neuf ans d'exil. Hetzel a en tête l'idée d'une édition éducative alliant culture et aventure scientifique et avec Jean Macé il fonde une librairie laïque d'éducation et de récréation en direction d'un public familial. Le manuscrit de Cinq semaines en ballon (1863), premier des 62 romans qui vont composer la série des Voyages extraordinaires, séduit d'emblée les deux hommes qui l'éditent avec un succès immédiat. Hetzel a pafaitement bien compris le formidable potentiel de Jules Verne, il lui fait signer un contrat le liant pour toute sa vie à la maison d'édition Hetzel. Cette collaboration fructueuse entre les deux hommes, pénétrés du même désir de créer une littérature captivante pour la jeunesse, durera vingt-trois ans, jusqu'à la mort de Hetzel. À la mort de Hetzel, en 1886, son fils Louis-Jules prend sa succession et continue de publier les romans de Jules Verne.

Passionné par les problèmes de l'aérosta-tion et de l'aéronautique, Verne fonde en 1862 avec Nadar une Société pour la rec

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