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ФРАНКОФОНИЯ

LA FRANCOPHONIE

SUR LE SOL RUSSE

Depuis les temps très lointains où sont nées nos deux nations, elles n'ont jamais cessé d'éprouver l'une pour l'autre un intérêt et un attrait tout à fait particuliers.

Charles de Gaulle

Le dialogue interculturel entre la France et la Russie a une longue histoire : il a passé par des périodes d'ouverture, d'amitié, de coopération et de compréhension ; il a connu des hostilités et même des guerres, mais il faut dire que peu de pays ont connu des échanges historiques, culturels aussi profonds que la France et la Russie.

Depuis longtemps, de tous les États étrangers la France est devenue un des pays les plus attrayants pour l'âme russe, pour les intellectuels russes. Pourquoi et comment ?

Les relations historico-culturelles entre la Russie et la France remontent à une époque très lointaine. Elles ont commencé par un mariage au plus haut niveau.

Le roi de France Henri Ier a eu l'idée d'épouser «l'incarnation de la beauté et de la sagesse». Après avoir parcouru toute l'Europe, les émissaires du roi ont enfin trouvé la merveille qu'ils cherchaient : l'idéal féminin du roi de France se trouvait à Kiev, capitale de la Russie. Il s'agissait de la fille de Yaroslav le Sage, Anne de Kiev. Cette jeune princesse russe qui n'avait que 25 ans, à ce moment, devint la reine de France. On peut dire qu'à compter du XIe siècle commence l'histoire des relations cordiales, l'histoire d'amour entre les deux pays, les deux peuples, les deux cultures.

La vie d'Anne de Kiev a inspiré Régine Deforges à écrire le roman Sous le ciel de Novgorod et Jacqueline Dauxois Anne de Kiev, reine de France.

Pendant trois siècles, les relations entre nos deux pays ont été interrompues ; elles ne réapparaissent qu'au XVIe siècle. En 1586 Jean Sauvage, capitaine d'un navire, entreprend une

navigation de France vers la Russie moscovite. Le but du voyage est de découvrir la voie navigable, de visiter les marchés russes et d'établir des liens commerciaux. À son retour, Jean Sauvage fait un compte rendu de son voyage et joint à son rapport un petit lexique appelé «dictionnaire moscovite de Parisien». L'auteur donne non seulement les mots, mais les phrases qui lui ont été nécessaires, par exemple, «kak tebia zovout» - comment t'appelles-tu?

Mais c'est avec le tsar Pierre le Grand que la Russie sort de son isolement. Parmi les compagnons de jeu de Pierre il y avait le Suisse François-Jacob Lefort, dont l'influence sur le tsar était considérable. Militaire, conseiller, diplomate, il a surtout initié Pierre aux mœurs et aux idées occidentales. Aujourd'hui, à Moscou, il y a un quartier qui porte le nom de Lefortovo.

Plein d'admiration pour la civilisation occidentale Pierre décide de l'imposer à son empire. De nombreux artisans français sont invités au service russe. La langue russe s'enrichit des mots, porteurs des notions de la vie quotidienne, tels que occasion, bagage, parterre, gazon.

Le 7 mai 1717, le tsar fait son entrée à Paris. Une foule de badauds se bouscule pour voir ce «monarque des neiges». Le tsar, écrit Saint-Simon, «entendait bien le français et, je crois, l'aurait parlé s'il eût voulu ; mais, par grandeur, il avait toujours un interprète.»

Revenu en Russie, Pierre décide de créer l'Académie russe des sciences. Le corps enseignant ne comptait que 15 professeurs dont 3 étaient Français.

Les relations avec la France désormais intensifiées, la conception de l'éducation mondaine en Russie change. La société russe voit naître la tradition d'apprendre les langues étrangères, la danse et les belles manières aux enfants. Cette coutume provient de la famille du tsar. Il est à noter que le tsarévitch Alexeï connaissait plusieurs langues étrangères, de même que les filles de Pierre le Grand, Anne et Elisabeth qui parlaient le français depuis leur tendre enfance.

Elisabeth accède au pouvoir en 1741. Sous les auspices d'une femme jolie et aimable, la France fait son entrée dans la Moscovie germanisée. À son exemple, la cour et la haute société russe adoptent la mode française. Chaque famille noble a son précépteur français, de sorte que la langue française devient la langue de toute la société cultivée.

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Un grand nombre de Français de toutes conditions viennent chercher fortune en Russie. En 1776 le diplomate français Corberon disait: «Il pleut des Français en Russie, comme des insectes dans les pays chauds.» Il est à souligner qu'à leur arrivée en Russie ils trouvent une tradition francophone déjà bien ancrée dans la vie quotidienne de la haute société et qui facilite leur installation et leur rayonnement. Charmée par la culture francophone, la noblesse russe voyage beaucoup en France, s'oriente vers le système d'enseignement français, s'inspire des idées françaises, suit la mode française, manifeste un vif intérêt pour la littérature et l'apprentissage de la langue française.

Les idées de Voltaire, Diderot, Rousseau, Montesquieu pénètrent dans toutes les couches sociales de la Russie.

On considère Catherine II, Allemande d'origine, comme la plus russe des impératrices. Or, élevée par une Française, elle connaissait à fond la langue française, l'œuvre des grands écrivains français, et on peut la considérer comme Francophone et Francophile.

Dès le début de son règne, elle se tourne délibérément du côté de Paris. Elle propose à d'Alembert de se charger de l'éducation de son fils, alors âgé de huit ans, et à Diderot de venir achever à Pétersbourg son Encyclopédie, interdite par la censure française ; elle entre en correspondance avec Voltaire.

En 1765, sachant Diderot dans la gêne, Catherine lui rachète sa bibliothèque lui en laissant la jouissance: «Il aurait été cruel, écrit-elle à ce sujet, de séparer un savant d'avec ses livres.»

Le 14 juillet 1789 est accueilli à Moscou avec beaucoup d'enthousiasme.

L'âge d'or de la colonie française de Moscou faillit s'interrompre brutalement juste après sa naissance : la nouvelle de l'exécution de Louis XVI arrive en Russie au début de 1793. Catherine II édite un oukaze qui suspend la validité de l'accord commercial passé entre la France et la Russie en 1786, interdit l'entrée des ports russes aux vaisseaux français, expulse les diplomates français des frontières de l'empire et oblige les Français à prêter serment de fidélité à la royauté sous menace d'être expulsés de Russie. Parmi ceux qui prêtent serment, on compte le frère de Marat, David, arrivé en Russie de Genève en 1784 comme précepteur des enfants d'un chambellan. Il se fixe à Saint-

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Pétersbourg et, avec la permission de Catherine, change de nom pour devenir David Ivanovitch Boudry. Plus tard il sera conseiller de collège et enseignera la langue et la littérature françaises à Pouchkine au lycée de Tsarskoïé Sélo. Des centaines d'offres de service affluent de France vers la Russie. Parmi ceux qui proposent leurs services en 1795, il y a un jeune corse, Napoléon Bonaparte, qui sollicite le grade de major dans l'armée russe.

Enfin, les Français sont venus pour leur apprendre les valeurs humaines, l'humanité. Pendant un siècle et demi, du règne de Catherine II à l'avènement des bolchéviks, tous ceux qui ont rêvé de donner la liberté au peuple russe ont été des élèves d'écrivains ou de philosophes français, des libéraux ou des démocrates «à la française».

Après la mort de Catherine II c'est son fils Paul Ier qui la remplace sur le trône. Il donne asile au comte de Provence, le futur Louis XVIII, et invite le prince Louis Joseph de Condé et son armée à venir en Russie se mettre sous sa protection. Condé accepte l'offre de revêtir l'uniforme russe et prête serment de fidélité au tsar.

Une petite remarque : la seconde femme de Paul Ier est Sophie-Dorothée, fille aînée du duc Frédéric Eugène de Wurtemberg, prince de Montbéliard. Elle a épousé Paul en 1776 et a pris le nom de Maria Fedorovna. À la suite de ce mariage princier, nombre de Montbéliardais et surtout de Montbéliardaises, se rendent en Russie. Les femmes deviennent préceptrices et reviennent plus tard finir leurs jours à Montbéliard. Par exemple, une grande-tante de Tchékhov a eu comme gouvernante une Montbéliardaise, le compositeur russe Piotr Tchaïkovsky a eu comme préceptrice Fanny Durbach, Monbéliardaise elle aussi. Comme témoignage des liens particuliers existant naguère entre la Russie et Montbéliard, on trouve dans les menus locaux des plats dont le nom ressemble aux dénominations utilisées en Russie : blani au lieu de blini (crêpes russes), zagouski au lieu de zakouski (hors-d'œuvre).

À la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle la langue française comme moyen de communication a joué un rôle déterminant dans les relations entre la France et la Russie. La langue française a eu une influence très grande non seulement sur la syntaxe ou le vocabulaire du russe, mais aussi sur les mentalités de la partie francophone de la population, sur sa façon de

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parler. Le bilinguisme de la noblesse russe au début du XIXe siècle est devenu un lieu commun dans les études sur la culture russe de cette époque.

Le fils aîné de Paul Ier, le tsar Alexandre Ier, avait pour précepteur le Vaudois La Harpe, républicain de naissance et d'opinions et qui est resté son ami et son conseiller. L'un de ses ministres, Mikhaïl Spéranski, qui a fait malgré son origine modeste une carrière exceptionnelle, grâce à un français irréprochable, était partisan des idées françaises et admirait fort le Code civil de Napoléon. Les premiers temps de son règne, Alexandre entretient avec Bonaparte non encore empereur, des rapports amicaux, mais l'entente ne dure que quatre ans.

L'année 1812 apporte la guerre. La bataille de Borodino a été d'un horrible acharnement; elle a contraint les Russes, malgré une farouche résistance, à renoncer à défendre Moscou.

Le 31 mars 1814 les Alliés entrent à Paris, Alexandre prend la tête des troupes russes. Les Parisiens ne s'en étonnent pas, mais ils sont «frappés de la belle tenue des tr

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